Médias pure-player : Video killed the radio star, again ?

Brut, AJ+, Minutebuzz, Vice... Des noms qui vous disent forcément quelque chose à vous, la génération connectée, qui s’est probablement arrêté sur cet article en scrollant les réseaux sociaux sur son smartphone pour occuper son trajet en métro.

Depuis quelques années, ces nouveaux médias se sont imposés sur les réseaux sociaux comme une source d’information rapide, et divertissante. Car pour capter l’attention de leur audience, ces pure players misent sur un contenu principalement audiovisuel qu’ils diffusent sur les réseaux sociaux.

 

 

 

Et si cela fonctionne, c’est bien car pour 71% des 15-34 ans, les réseaux sociaux constituent le premier moyen d’information. En deuxième et troisième place du podium se trouvent les journaux télévisés et les sites de vidéos en ligne.

Preuves que le contenu audiovisuel reste le meilleur moyen de capter l’attention de la génération Z, qui a grandi avec Internet, en connaît les codes sur le bout des doigts et relaie chacune de ses trouvailles avec sa communauté.

Un pari réussi quand on voit que la page AJ+ US cumule plus d’11 millions de likes auxquelles s’ajoutent les 500.000 de la page AJ+ France. Pour MinuteBuzz c’est 4,8 millions de likes et plus de 350 millions de vues par mois sur l’ensemble des réseaux.

Pas loin derrière se place Konbini et Konbini News qui rassemblent à leurs deux pages une audience de plus de 4 millions d’utilisateurs Facebook.

Si ces chiffres sont impressionnants, ils ne sont que quelques exemples du paysage des médias pure-players qui touchent aujourd’hui des millions d’internautes.

 

La recette de leur succès ? Un format court, visuel et percutant par sa dimension sociale. Un dernier aspect qui fait partie des caractéristiques même définissant la génération Z.

Un contenu qui emprunte ses codes aux segments des journaux télévisés, et en crée des nouveaux, plus flexibles, et adaptés au web.

L’atout dans leur manche pour ne pas perdre une cible aussi connectée que zappeuse ? Des native vidéos qui se lancent automatiquement sur les réseaux sociaux et retiennent l’oeil. Et grâce aux sous-titres, il n’y a même plus besoin d’activer le son.

Un succès retentissant pour un mode économique à moindre coût. En effet, lorsque les séquences utilisées ne sont pas pré-existantes, elles sont réalisées sur du matériel de qualité, mais ne présentant pas un investissement conséquent. De plus, en se concentrant sur les réseaux sociaux, les médias pure-player s’assurent des coûts de diffusion moindres, voir inexistants.

A ces économies s’ajoutent le native advertising, ou de la publicité s’alignant avec le contenu éditorial auquel elle est associée. Un moyen pour les marques de toucher leur cible sur des nouveaux terrains où elle sera plus réceptive et moins méfiante.

Des critiques continuent cependant d’émerger contre ces nouveaux médias qui, sur le ton de "l’infotainment", créent bien trop souvent des buzz autour de sujets sociétaux dont la surface est à peine effleurée.

Qu’en est-il alors du futur de l’information sur les réseaux sociaux et les supports qui lui sont affiliés ? Le contenu relayé par ces nouveaux médias pure-players est-il suffisant pour amener son audience à se poser des questions sur son environnement, ou constituent-ils un énième simulacre d’apport informationnel à une masse désintéressée ?

Autant de questions qui animeront la conférence et les débats de la 9eme conférence AGCOM “Millenials, génération Y et Z : l’évolution des médias digitaux” qui accueillera Romain Marsily, secrétaire général de VICE Media France le Jeudi 7 mars 2019 à 17h (Amphithéâtre Marsan, Université Toulouse 1 Capitole).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *